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L'écritoire

Nécessaire contenant ce qu'il faut pour écrire...

L'arracheuse de dents

L'arracheuse de dents

J’ai lu « L’arracheuse de dents » de Franz-Olivier Gisbert édité en avril 2016.

C’est l’histoire de Lucile Bradsock, jeune normande née le 11 août 1777 à Saint-Aubin-sur-Mer. En août 1789 alors qu’elle accompagne son père à Caen pour vendre des veaux, elle assiste avec son amie Agathe à l’exécution puis à des actes de cannibalisme sur la personne du vicomte Henri de Belsunce. Prise soudain d’une colère irrépressible et sous le coup de l’impulsion, Lucile poignarde alors une des mangeuses.

Après s’être enfuies, les deux jeunes filles trouvent refuge à Paris, dans le quartier du Temple, chez Hippolyte Frochon, dentiste de son état. Là, pendant plusieurs années, Lucile se forme à la dentisterie et rencontre des personnages célèbres de l’Histoire tels que Robespierre, Louis XVI, Beaumarchais, Marie-Antoinette… Elle endure comme elle le peut les affres de la Révolution Française, ses prises de pouvoir, ses débats politiques mais surtout ses manigances, ses assassinats et ses décapitations.

Un soir de 1794, Hippolyte Frochon est poignardé par des révolutionnaires. Lucile, Agathe et son compagnon Emmanuel Espragnac récupèrent alors son magot et décident de retourner dans leur Normandie natale. Sur place, elles découvrent que leurs deux familles ont été assassinées après avoir été spoliées de leurs biens. Comme quelques années plus tôt, Lucile sent le besoin de vengeance prendre le dessus et fait le nécessaire pour l’assouvir. Par la suite les trois compères rejoignent les rangs des royalistes vendéens et participent aux combats jusqu’à l’écrasement de cette petite armée et la mort de leur meneur, amant de Lucille, Charrette de la Gontrie.

Nous sommes en 1796. Seule après la mort de Charrette, trahie par Agathe et Emmanuel, Lucile décide de poursuivre sa route et surtout de s’éloigner du Mal révolutionnaire en embarquant pour l’Amérique à bord du négrier Le Liberty. Avec la complicité du second, elle se fait passer pour un homme et est engagée en tant que dentiste et praticienne de la médecine par les plantes. Durant la traversée elle tombe amoureuse d’un esclave Apollon. A son arrivée en Amérique, elle n’aura de cesse de récupérer son homme. Ne pouvant l’acheter, elle organise son évasion. Ils s’enfuient tous les deux et s’installent sur une ile baleinière au large de Boston, Nantucket. Sur place, ils se marient et ont un fils, George W. Les jours s’écoulent heureux jusqu’à un soir de 1814 où Apollon disparait. Retrouvé par son ancien maitre, il est capturé et finalement tué. Une fois de plus la haine et le désir de vengeance submergent Lucille qui mène a bien son projet meurtrier.

Voulant fuir la justice américaine et sur recommandation de Thomas Jefferson, Lucile retourne en France avec dans ses bagages des lettres d’introduction pour La Fayette et Turreau. Sur place, elle apprend l’adresse de ses anciens amis, Agathe et Emmanuel, devenus Mr et Mme Espragnac. En paiement de leur trahison, ils n’ont pas d’autre choix que de l'héberger avec son fils. A nouveau les années passent. Lucille, espionne pour Joseph Fouché devient une des maitresses de Napoléon mais également celle d’Emmanuel. En 1816, surprise par son fils, lui-même devenu l’amant d’Agathe, soupçonnée d’être responsable de la mort de Turreau, brouillée avec tous, elle décide de retourner seule aux États-Unis.

Après quelques mois d’errance, Lucile rencontre un policier, Harry. Elle l’épouse et passe tranquillement les dix années suivantes jusqu’à la mort de ce dernier, terrassé par une crise cardiaque.

Lucile s’intéresse alors au transcendantalisme. Au sein de ce mouvement anti esclavagiste, elle rencontre Emerson, Thoreau… pour finalement rejoindre l’armée nordiste et "casser du Sudiste". En 1863, elle est sur le point de tuer le général Lee mais ne s’y résout pas. Elle assiste au massacre des indiens sans montrer un réel désaccord. A près de quatre-vingts ans, elle reçoit même une Médaille d’honneur en tant que meilleure tireuse du régiment. Elle y rencontre également son troisième mari, un indien répondant au nom de Goutte-de-Rosée qui est finalement tué lors d’une attaque de son peuple par le général Custer. A son habitude, elle exerce sa vengeance sans sourciller.

Âgée, fatiguée, Lucile se retire alors dans sa maison de Nantucket mais son passé la rattrape en la personne du commissaire Lambrune, arrière-petit-fils d’une de ses premières victimes françaises. Comme toujours, elle se débarrasse de l’importun. Quasiment centenaire, elle occupe ses derniers jours en écrivant son histoire.

Malgré les nombreuses vies de l’héroïne en France et aux États-Unis, je me suis ennuyée. J’ai eu l’impression d’être dans une énumération de personnages publics, d’événements historiques, dans un étalage de culture. Ressenti d’autant plus profond que je n’ai pas été convaincue par la vision historique des faits ni par la véracité des portraits. Quant à l’héroïne, elle m’a laissée aussi froide qu’elle, lors de ses meurtres prétendument vengeurs, justifiés et justifiables. Elle ne ferait pas ombrage aux tueurs de la série américaine Esprits criminels. Ne parlons pas des invraisemblances telles que les rencontres quasi improbables avec tous ces personnages célèbres (même en étant dentiste!), les engagements militaires et l’âge du personnage… Humour ? Dérision? Si tel est le cas, j’y suis restée hermétique.

Cette critique n’a de valeur que parce qu’elle est mienne.

L'arracheuse de dents
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